Fondé récemment par Malik Mallem et Hank Vogel, ce journal permettra à de jeunes journalistes et à de jeunes auteurs de pouvoir s'exprimer.
UNE VIE D'ART ET DE DÉCOUVERTES
Né en 1946 à Alexandrie, Hank Vogel veut d’abord faire de l’architecture, influencé par un de ses frères aînés architecte. Vient un séjour à Paris, où un de ses amis, assistant aux
productions Gaumont, lui prête sa carte, lui permettant de gratuitement voir des films dans tous les cinémas Gaumont, cela durant deux semaines. La passion du cinéma est là. Il quitte ses études
d’architecture pour se donner à sa nouvelle passion : le cinéma. Une passion que son père, disquaire, ne comprend pas, disant à son fils que c’est un art qu’il peut pratiquer en
supplément. Mais Edgar Vogel (1914-2008) est tout de même un père très aimant, bien plus doux que sa femme Antoinette (1911-1990). « Mon père, c’était ma mère » dit l’actuel directeur de
l’Ecole de Cinéma de Genève. Ce sera bien plus tard qu’Edgar Vogel comprendra que son fils est fait pour le cinéma. Un ami a même voulu
prendre Hank Vogel pour jouer avec Blandine de Caunes dans un court métrage qui n’a jamais vu le jour.
VOYAGE, VOYAGE…
Hormis ses activités cinématographiques, Hank Vogel est également un écrivain passionné par le voyage. Avec une préférence pour le Vietnam, la Birmanie et la Thaïlande. Il dit y aller non en
touriste mais en « explorateur ». Les yeux bridés, les coutumes et pratiques différentes des nôtres en Europe le transportent dans un autre monde : celui de l’inconnu. L’esprit
aventureux, il aime l’inconnu, qu’il s’agisse d’un voyage ou de l’écriture d’un livre. C’est ce saut dans le vide, dans la création d’une histoire qui l’attire. C’est pour lui un voyage
intérieur. Et l’occasion de poser des questions existentielles ainsi que sur la société. Le directeur varie les styles et les genres : romans, poèmes, « touch’ », des poèmes courts
inspirés des haïkus japonais. « Touch’ » est un néologisme de sa propre invention. Il écrit aussi des pièces de théâtre. Ses essais de style vont de la simple narration de sa rencontre avec
Ted Robert, un musicien (L’ange volé), à un livre de cinquante-neuf pages sans aucune ponctuation (Une histoire dans la tête). « Certains écrivains écrivent toujours la même
chose » nous dit Hank Vogel.
L’ABSURDITE DE LA SOCIETE
Une particularité de son œuvre est le sujet récurrent de la société. Pouvant aller de deux lignes à une pièce de théâtre sur ce thème (« Trois chats sur un toit glissant », une pièce
d’humour absurde). « Il y a tellement d’absurdité dans le mot société : il y a dictat, obstacle à la liberté » dit le directeur. Il rajoute « L’écriture libère et est une
mise au point : l’auteur face à la société ». Et concernant l’aspect sensuel de l’écriture « C’est un moyen d’échapper à un surplus de sexualité, tout en la sublimant ». «
On peut réaliser nos phantasmes grâce à l’écriture » conclut-il.
Sikandar Marwah